Precarious Workers Brigade
Plutôt qu’une force de transformation sociale, l’enseignement supérieur semble devenir le lieu d’une acculturation à la précarisation du travail qui caractérise les formes d’exploitation contemporaines. De la mise en concurrence des formations à l’atomisation de la condition étudiante, du développement de l’alternance à la multiplication des stages non rémunérés, les étudiant·es apprennent davantage à répondre aux attentes du marché du travail qu’à s’en émanciper, au sein d’une économie de la promesse qui incite à accepter aujourd’hui les bas salaires et le travail gratuit dans l’espoir d’obtenir demain l’emploi de ses rêves. À la fois essai critique, manifeste politique et boîte à outils pédagogique, cet ouvrage présente la traduction, inédite en français, d’un texte de la Precarious Workers Brigade. Elle s’enrichit d’un entretien avec la sociologue du travail gratuit Maud Simonet, d’un article sur la professionnalisation de la politiste Laurène Le Cozanet et de ressources sur le travail de l’art et son enseignement en France. À l’injonction de se montrer toujours plus employable, les auteur·ices répondent en célébrant la solidarité et l’organisation collective.
L’ouvrage a été traduit de l’anglais par Julia Burtin Zortea. Il est préfacé par Silvia Federici.
La Precarious Workers Brigade est un groupe de travailleur·ses précaires de la culture et de l’éducation basé au Royaume-Uni. Actif de 2010 à 2019, le collectif a été impulsé par des chercheur·ses, des enseignant·es, des curateur·ices, des artistes et des designers. Il développe une pensée par le faire et ses recherches concernent les conditions de travail dans le secteur culturel et éducatif, le rôle de l’enseignement supérieur dans la normalisation de la précarité, l’institutionnalisation de la précarité et le corporatisation des arts, et les solidarités avec d’autres métiers. Le collectif a signé des entretiens, des essais, des conférences, des outils et des textes non académiques variés, et mené de nombreux ateliers pratiques.
Julia Burtin Zortea est autrice, journaliste et traductrice. Elle s’intéresse à la (dé)construction des savoirs, à la matérialité de la vie, à la violence notamment patriarcale, aux mobilisations collectives et aux manières de (se) soigner. Elle traduit, depuis l’anglais et l’espagnol, des ouvrages de sciences sociales, souvent des essais hybrides. Elle écrit des récits fondés sur des enquêtes de terrain comme Aujourd’hui, on dit travailleur·ses de l’art (369 éditions, 2022). Après avoir participé à diverses aventures éditoriales en collectif (journal Article XI, revue Jef Klak), elle est membre de la revue féministe Panthère Première.
Laurène Le Cozanet est chercheuse à l’Institut universitaire européen (Florence) et membre associée du Centre d’étude des mouvements sociaux (EHESS, Paris). Après une thèse de science politique sur la professionnalisation des études universitaires, elle s’intéresse au rôle des universités en Europe aujourd’hui ainsi qu’à l’histoire et aux régulations des « croisements de fichiers ».
Maud Simonet est directrice de recherche en sociologie au CNRS. Ses recherches menées en France et aux États-Unis portent sur le travail bénévole, le volontariat, le workfare et plus largement sur les processus d’invisibilisation du travail et les formes et enjeux contemporains du travail gratuit.
Cet ouvrage a été réalisé avec le soutien à l’édition du Centre national des arts plastiques et de la région Nouvelle-Aquitaine. Il a également bénéficié d’une aide éditoriale et financière de la Precarious Workers Brigade.
Collection essais
Coédition avec la vie gagnée
Format : 14 x 24 cm
160 pages
ISBN : 978-2-490148-18-9
Parution le 06/02/2026
18 €